Un Graphiste est-il un Pâtissier ?

Aujourd’hui, je tiens à partager avec vous une petite histoire que je raconte à chaque début de collaboration professionnelle. Bien sûr, cette histoire ne peut pas s’adapter à toutes les situations mais permet de faire comprendre avec nuance à votre interlocuteur l’investissement et l’échange qui va devoir s’instaurer entre lui et vous.
illustration patissier

Lundi soir :  » Bonjour Monsieur le Pâtissier, je viens vous commander un gâteau.
Je passerai le chercher demain midi. Au revoir !  »

Mardi midi :  » Bonjour Monsieur le Pâtissier, je viens chercher mon gâteau. Vous avez fini ? Magnifique !
Ah Malheur ! Vous avez fait une tarte à la fraise
mais j’ai oublié de vous dire que je suis allergique à la fraise !  »

Moralité de cette histoire : Quand vous contactez un prestataire,
soyez le plus précis possible dans vos demandes même si cela est urgent.
Cela évitera des pertes de temps, des confusions et entrainera une insatisfaction de travail.


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Un Graphiste est-il un Pâtissier ?

13 réflexions au sujet de « Un Graphiste est-il un Pâtissier ? »

  1. Moi j’ai plutot l’impression que la discussion serait :
    « -Bonjour vous faites des gateaux ?
    – Oui bien sûr !
    – Il m’en faudrait un
    – Ah bon, quels sont vos objetifs ?
    – Ben avoir un site !
    – Mais dans quel intéret ? Pour vendre ? Vous faire connaitre ? Communiquez plus rapidement ? Changer votre image ? etc. etc
    – Euh, je veux juste un site, comme tout le monde quoi, mais je veux pas que ce soit le site de monsieur tout le monde
    – Alors qu’est ce que vous aimez bien
    – Je souhaite quelque chose d’original, mais pas trop, avec de superbes photos mais j’en ai pas vous donné, et faut que ça soit très simple mais aussi animé et autre chose importante je n’ai pas de temps à y consacrer et encore moins d’argent.
    -Aurevoir ! »

    Voila dans l’extreme ce que ça donne également

  2. ahah :-)
    ou encore :
    « – Bonjour, vous faîtes des gâteaux ?
    – oui biensûr !
    – je souhaiterai un gâteau à la crême avec une bonne couche de chantilly et des m&m’s pour la couleur, faut qu’il y ai du chocolat qui dégouline et des shamalows par dessus, et…
    – euuh.. c’est pour quelle occasion ?
    – pour un gala de charité !
    – Nous allons donc reconsidérer votre demande, que pensez-vous d’un quatre quart ? Simple, tout le monde l’appréciera, il est plus simple et vous toucherez plus votre public avec celui-ici. »

    Et oui, le graphiste est là aussi pour conseiller et discuter avec son commanditaire, il pourra ainsi lui offrir un travail qui correspond au mieux à son besoin réel et non à son besoin « imaginé » :-)

  3. Bien sûr que Oui le graphiste est là pour conseiller et rassurer son commanditaire.

    Mais bien souvent, (surtout chez l’annonceur) le commanditaire ne sait pas ce qu’il veut et crois qu’en utilisant 2/3 mots du genre « Hype » « fullColor » ou « Un truc comme Apple mais en Dark » cela va aider et diriger le Graphiste dans son travail.

    Et après cela fini par un Cake nerveux quand le commanditaire ne sait pas ce qu’il veut aussi… mais cela est un cas extrème :)

  4. Michel dit :

    Et l’écoute, alors ? Comment commencer le moindre des gâteaux sans savoir pour combien de personnes, le prix, ce qu’il faut mettre dedans ?

    Franchement, un graphiste, c’est aussi quelqu’un qui sait écouter et poser les bonnes questions ! Vous demandez là à des gens incompétents de se plier à vos règles du jeu… Incompétents à comprendre et faire le métier, s’entend. Très compétents à savoir ce qu’ils veulent/ne veulent pas, pour l’immense majorité.

    Un travail créatif commence forcément par un besoin identifié, par un client que l’on apprend à connaître, par des moyens évalués… et par une conception validée !

    Forcément, si l’un part avant de donner toutes les indications et que l’autre commence sans les avoir demandé, direct dans son délire, sans réfléchir aux enjeux, on va à la cata du pâtissier.

    De là à demander d’appréhender un métier avant de s’adresser à un professionnel, il y a un pas. Moi, quand je vais voir mon cordonnier, je n’apprends pas les techniques de resemellage avant ! Et vous, quand vous allez manger une pizza, vous mettez à jour vos catalogues de four à bois ?

    Un peu de bon sens, pas mal de curiosité, un soupçon de professionnalisme, et vous évitez 99 % des catastrophes. Pour les 1 % restants, vous serez alors en mesure d’avoir une parfaite bonne conscience avant de les black-lister…

    Je trouve un peu facile, limite démago, de tirer toujours sur le client-qui-ne-sait-rien, pour vous dédouaner de ne pas maîtriser leurs demandes.
    Vous tirez sur l’ambulance, mais c’est quand même vous qui conduisez !

  5. @Michel : Oullla Michel… t’emballes pas :)

    Je te rassures que lorsque je taff en freelance, bien sur que Oui le projet est bien ficelé et qu’il y a un vrai travail de fond avec le commanditaire. Une écoute et un échange est là. ( Un cahier des charges, une arbo ou un brief est présent ). Et bon nombre de Freelance font se travail de fond avant de partir tête baissé.

    Par contre, lorsque tu travailles chez l’annonceur malheureusement, tu n’as que trop rarement le temps pour des briefs bien spécifiés. Et le temps, la pression et le manque d’organisation entrainent des confusions.

    J’ai rencontré ces situations dans plusieurs entreprises et beaucoup d’amis graphistes, chez l’annonceur ou freelance, se trouve souvent dans cette situation car le marketeux ou commercial ou le commanditaire change souvent d’avis et ne sait pas ce qu’il veut. Et le graphiste a beau argumenter ou expliquer les choses clairement mais avec peine. A la fin, un compromis se trouve mais bien avec du mal.

    Alors démago ou pas, ce billet est sans doute un Troll, j’aurais peut-être du m’abstenir. Mais vu les années qui passent et à entendre bon nombre d’amis que se soit dans le domaine du graphisme, illustration, webdesign, archi-intérieur ou design… ce problème a bien l’air de persister et perdurera.

  6. Michel dit :

    OK, Jacinthe. Il me semble avoir été effectivement excessif. Je m’en excuse donc.

    Ça fait près de 20 ans que je fais ce boulot (ou presque) en free et chez l’annonceur, et même parfois en direct avec l’annonceur, mais payé en free (!).

    Le verbiage, les soit-disant marketeux se retrouvent plus souvent chez les pros, et finalement assez rarement dans les entreprises qui, in fine, ont véritablement besoin de nous. En réalité, et nous le savons bien tous, c’est surtout un problème d’ego, bien plus présent dans nos milieux pro à se prouver l’improuvable que dans les marketeux rôdés à se satisfaire d’un reporting pour justifier leur existence professionnelle…

    Quand on n’a pas le temps de prendre un brief complet chez l’annonceur, c’est bien souvent qu’on s’emporte soi-même, qu’on succombe à la pression d’un responsable qui s’y croit un peu trop.
    C’est aussi une attitude personnelle : « moi petit face à la grosse boîte », alors que c’est juste un échange d’égal à égal, compétence reconnue contre rémunération acceptée.
    Je me suis souvent retrouvé dans la situation d’éteindre un feu, passant après un autre, et devant rentrer dans la gorge d’un annonceur ses prétentions sans moyens, ses idées nébuleuses, ses goûts personnels confondus avec les besoins d’une entreprise (un fou chez Micromachin qui n’aimait pas le bleu de son entreprise, par exemple).
    Pourquoi ? parce que le graphiste avant moi n’avait pas su/osé le faire.
    Quand on travaille en solo, on est complet, ou on s’affronte à des problèmes insurmontables. Graphisme, écoute, conseil, autorité dans la création et dans la relation commerciale, bonne structuration de la démarche pour rassurer ; ce sont les minima requis, il me semble.

    Nous sommes là pour faire un vrai métier, répondre a un vrai besoin. Si nous le faisons en direct avec l’annonceur, c’est quand même plus souvent pour palier aux carences des agences et leur apporter un véritable conseil, plutôt que de simplement engranger de la marge brute en disant oui à tous les abus.

    Un graphiste sans conseil, c’est un exécutant. Il n’a alors pas la responsabilité de son résultat, seulement à faire contrôler la progression de son travail pendant le temps imparti. Quand on n’a pas la décision, on n’a pas à en supporter les conséquences… Voici bien l’enjeu du débat.

    Mais rassure-toi, je suis d’accord sur le fond, c’est juste une histoire de posture : je n’accepte pas qu’on force mes clients à devoir apprendre mon métier, parce que je veux garder mon contrôle, et que je ne crois pas aux recettes, aux méthodes, parce que chaque cas est un cas particulier, mariant trop de paramètres pour être modélisé de manière satisfaisante.

    On en arrive tous, un jour ou l’autre, à faire ce que veut le client pour prendre le pognon, c’est désolant mais vrai. On en arrive tous, un jour ou l’autre, à se rebeller contre une absurdité évidente et à claquer une porte, et devoir appeler son banquier pour un retard de loyer. Pour ma part, c’est plus souvent arrivé avec des professionnels sûrs d’eux, avec des briefs modélisés et bien écrits mais idiots (là, c’est un débat entre la forme et le fond, oula !), qu’avec des annonceurs pas forcément avertis des arcanes de notre métier. Voilà bien le paradoxe…

    Ce post est excellent, pas troll du tout, parce qu’il exprime une volonté absolument respectable, celle de vouloir bien faire son métier. Si on n’avait juste voulu s’enrichir, on pouvait aller vendre de la coke devant les maternelles, c’était plus simple !

    Voilà ; pour ma part, les modèles de briefs doivent plus servir aux graphistes, à les aider à poser les bonnes questions, à enregistrer les bons paramètres, qu’aux annonceurs, le plus souvent pas du tout formatés à ça.

    Nous sommes des vendeurs, qu’on le veuille ou non. Notre travail consiste à rendre meilleur un vecteur de vente, indirect ou non. À le rendre plus percutant, plus convaincant, plus accrocheur, plus fluide… Plus efficace.
    Si nous souhaitons juste faire de belles choses, il nous suffit de les exposer, de chercher un agent, des galeries…

    Contrairement au pâtissier, nous n’avons pas de boutique où les clients viennent chercher un résultat fini. Nous réalisons du sur-mesure et nous conseillons.

    Le conseil se négocie, la création (quand elle est de qualité) s’impose. Pas le contraire. Tout est plus simple quand ça se passe comme ça, parce qu’on a remis le sens de notre démarche dans une logique imparable.

    Alors oui, les changements d’avis des annonceurs existent, les preuves de ces changements aussi. On peut aller à la confrontation, on peut aussi remettre les gens dans une relation de bonne foi, et avancer avec eux. C’est le plus souvent une question d’attitude et d’assurance personnelle par rapport à son métier.

    Et puis, la pression chez l’annonceur… Personnellement, je préfère la prendre au bar, en face :)

  7. Alex dit :

    A mon avis, ça marche dans les 2 sens, chacun doit faire la moitié du chemin.

    Un client qui ne s’implique pas ou ne prend pas le temps de définir ses besoins sera forcément déçu, car le résultat ne correspondra pas à ses attentes. A moins qu’il soit télépathe et puisse projeter ses idées dans la tête du presta (ça m’est jamais arrivé, perso :-) ), il faudra forcément qu’il formalise ses souhaits et ses besoins, que ce soit à l’oral, à l’écrit, ou même en griffonant sur un papier. Surtout, avant d’engager le travail, il doit être prêt à faire cet effort.

    De son côte, le presta l’aidera à formaliser ses besoins, le guidera dans ses choix, etc… Et mettra les choses au point si besoin. Idéalement, le client sera impliqué pendant toute la durée du travail, par exemple avec une maquette, puis échanges réguliers.

    C’est à mon avis la clé : impliquer le client, pour ça ils faut qu’il soit prêt à s’impliquer, et que le presta l’implique réellement.

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